En attendant de retrouver des enregistrements persos valables pour "Les voisines" et "Le progrès", je vous invite à écouter...
L'EspoirEt comme je suis dans un de mes soirs de bonté, je vous colle les paroles ci-dessous.
Texte et musique : Michel Buhler, un "petit suisse" que j'apprécie beaucoup !
Bien qu'je sois pas du genre "chochotte" à m'effrayer comme un moineau
A peine il vente, à peine il flotte : du genre à faire mon numéro
D'inquiet, d'voyante extra-lucide planté d'vant sa boule de cristal
Je vois les ténébres, le vide, aïe tout s'écroule, tout va mal
J'avoue qu'par ces temps exhaltants, c'début d'millénaire embrumé
Je s'rais disons pas franchement d'un optimisme forcené
Bêt'ment vu les d'mains qui s'préparent et l'pauvre monde comme il va
Oui mais voilà qu'j'ai, c'est bizarre, comme scellé tout au fond de moi...
L'Espoir
L'homme est souvent pire qu'une ordure, il l'a prouvé abondamment
Cette qualité là, c'est sûr, défie les siècles, nargue les ans
Et c'est pas l'progrès, pas la bourse, tout c'qui illumine nos aujourd'hui
Qui va v'nir freiner dans sa course l'universelle connerie
Allez d'mander, rien que pour voir, à Jénine ou en Haïti
Comment va le vent de l'histoire, allez faire un tour à Grozny
Ouais, c'est l'horreur et le foutoir, la terre qui saigne un peu partout
Mais j'ai beau l'voir et le savoir, je garde envers et contre tout...
L'Espoir
Et pas b'soin d'aller à perpète pour frissonner monter les tours
Suffit d'regarder sous nos fenêtres notre pays débordant d'amour
Où les riches sur leur tas d'or se marrent et gouvernent en sous-main
Où les pauvres travailleront plus fort et plus longtemps pour gagner moins
Où l'bonheur, c'est chacun pour soi quand il est pas r'mis à bien plus tard
Franch'ment pour en arriver là faut être nul ou le vouloir
Où dans les salons du profit flotte une certaine odeur de merde
Où tout est fait pour qu'on l'oublie, où tout est fait pour qu'on le perde...
L'Espoir
L'Espoir d'abord c'est dire NON à ceux devant qui l'on s'incline
C'est toujours relever le front quand les autres courbent l'échine
L'Espoir c'est prendre la parole sans demander la permission
Et c'est danser la carmagnolle sous les balcons du roi pognon
C'est cracher au nez des crétins, ceux qui prétendent inéluctables
Le ventre tordu par la faim. C'est cogner du poing sur la table
C'est montrer son cul aux sinistres qui possèdent les continents
C'est dire leurs faits à leurs ministres, qu'ils soient larbins ou présidents
L'Espoir c'est le respect, toujours, de tout ce qui palpite et vit
Ca vient de loin, des anciens jours, de la mine et du pain rassis
L'Espoir c'est l'évidence belle que l'on est là, mille et cent milles
Sans peur aucune, debouts, rebelles et que ce n'est pas inutile
L'Espoir c'est plus fort que la mort, la fleur qui perce le goudron
Le soleil qui s'lèv'ra encore sur les fûts rouillés des canons
C'est cette flamme qui vacille, ce feu que je tiens dans ma main
Fragile et fort comme ma vie : c'est tout ce qui nous fait Humain...
L'Espoir