Les hédoniens ardents

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 La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.

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MiVé
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MessageSujet: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 14:49

Introduction

Je suis né en Afrique mais j’en ai gardé que peu de clairs souvenirs… Juste l’impression d’être en exil dans un monde, dans une civilisation qui ne me convient pas. J’ai souvent envie d’être nu et de voir les autres nus. J’ai peur de ce qu’ils peuvent cacher dans leurs vêtements, je ne peux pas faire pleinement confiance à des personnes qui ne peuvent pas se mettre nues. Je me suis donc naturellement interrogé sur la honte de la nudité.
J’ai d’abord recherché dans la bible pour essayer de comprendre pourquoi cette honte de la nudité. Je pense avoir compris pourquoi. Oui je pense avoir clairement compris l’origine et les conséquences de cette honte.
Je pense que c’est assez clairement le processus mental, symbolisé par le serpent, qui est à l’origine du problème. C’est probablement ce que Eve a voulu communiquer à Adam mais cet imbécile a mal compris. C’est évidement une boutade mais il importe de comprendre ce que symbolise les différents personnages et éléments pour comprendre le récit biblique.
J’ai recherché toutes les occurrences des mots « nus, nu, nudité » dans la Bible (version Darby ou de Louis Segond) et j’ai comparé aussi avec d’autre version (Jérusalem, Chouraqui, …) puis je me suis aussi intéressé aux apocryphes et très légèrement au coran.

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 14:53

Si cela intéresse une personne je pourrais donner tous les versets...
Je vais cependant directement sauté à l'analyse et l'interprétation de ceux qui m'ont semblés les plus significatifs...

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 14:54

Analyse de quelques différences selon les versions

Nu = sans poil, glabre, lisse
• Ge 27:16 Elle couvrit ses mains de la peau des chevreaux, et son cou qui était sans poil. (version Louis Segond de Genève)
• Ge 27:16 et avec les peaux des chevreaux elle recouvrit ses mains, et le nu de son cou. (version Darby)
• Ge 27 :16 La peaux des biquets de caprins, elle en a vêtu ses mains et le lisse de son cou. (version Chouraqui)
Nu = honte de la nudité
• 1Sa 20:30 Alors la colère de Saül s'enflamma contre Jonathan, et il lui dit: Fils pervers et rebelle, ne sais je pas que tu as pour ami le fils d'Isaï, à ta honte et à la honte de ta mère? (LSG)
• 1Sa 20:30 Et la colère de Saül s'embrasa contre Jonathan, et il lui dit, Fils de la femme perverse et rebelle, ne sais-je pas que tu as choisi le fils d'Isaï à ta honte et à la honte de la nudité de ta mère? (Darby)
• 1Sa 20:30 La narine de Shaoul brûle contre Iehonatân. Il lui dit : « Fils d’une tordeuse de révolte ! Ne le savais-je pas ? Oui, toi, tu as choisi le fils d'Ishaï, pour ta confusion et la confusion du sexe de ta mère ! (version Chouraqui)
Nu = ?
• Isa 19:7 Ce ne sera que nudité le long du fleuve, à l'embouchure du fleuve; Tout ce qui aura été semé près du fleuve se desséchera, Se réduira en poussière et périra. (LSG)
• Isa 19:7 Les prairies sur le Nil, sur le bord du Nil, et tout ce qui est ensemencé le long du Nil, tout se desséchera, se réduira en poussière et ne sera plus. (Darby)
Nu = découvrir ou préparé
• Isa 22:6 Élam porte le carquois; Des chars de combattants, des cavaliers, s'avancent; Kir met à nu le bouclier. (LSG)
• Isa 22:6 Elam porte le carquois, avec des chars d'hommes et des cavaliers; et Kir découvre le bouclier. (Darby)
• Isa 22:6 Elam a pris le carquois, (voici) des hommes sur les chars, des cavaliers; et Qir a préparé ses bouclier. (Crampon)
Nu = révèler ou découvrir
• Isa 26:21 Car voici, l'Éternel sort de sa demeure, Pour punir les crimes des habitants de la terre; Et la terre mettra le sang à nu, Elle ne couvrira plus les meurtres. (LSG)
• Isa 26:21 Car voici, l'Eternel sort de son lieu pour visiter l'iniquité des habitants de la terre sur eux, et la terre révélera son sang, et ne cachera plus ses tués. (Darby)
• Isa 26:21 Car voici que Yahweh sort de sa demeure pour châtier les fautes des habitants de la terre, et la terre découvrira le sang des siens, et ne cachera plus ses tués. (Crampon)
• Oui, voici, IHVH Adonaï sort de son lieu pour sanctionner contre lui le tort de l’habitant de la terre. La terre découvre ses sangs, elle ne couvre plus ses tués. (Chouraqui)

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 14:56

Analyse et interprétation

Nu. Les termes hébr. 'ervah et gr. gumnos s'appliquent à la nudité # Job 1.21; Ec 5.14; Am 2.16; Mic 1.8 ou à un homme pauvrement vêtu. # Isa 58.7; Mt 25.36; Jas 2.15 Dans la Bible, la nudité est souvent associée à la honte (contrairement à la sensibilité gr. et moderne). Marcher nu-pieds est un signe de grande détresse (hébr. YaHeph : déchaussé, 2_S. 15.30; Es. 20.2-4) ou d’humilité. Dans les endroits sacrés, on avait l'habitude d'ôter ses sandales # Ex 3.5
- Au s. fig., le mot nu signifie "être privé de ressources", "être désarmé". Dans Jr. 49.10, lorsque Dieu dit qu'il dénudera Esaü, il annonce la destruction d'Edom (Esaü étant l'ancêtre des Edomites).
Le terme nu est aussi employé pour "être découvert, manifesté". # Job 26.6; Heb 4.13 Dans Ez. 16.37, la nudité symbolise l'idolâtrie de Jérusalem que Dieu veut exposer à tous les regards.
L'expr. "découvrir la nudité" de quelqu'un # Le 18.6-19 était un euphémisme pour la relation sexuelle. Dans les prophètes, la nudité est souvent synonyme d'une annonce de la captivité # Isa 3.17; La 4.21; Eze 23.10 car les captifs étaient souvent emmenés nus vers le lieu d'exil.
Alors que dans le chapitre deux de la genèse (verset 25) il est clairement dit que l’homme et la femme étaient tous les deux nus et n’en avait pas honte, par la suite, après le « péché originel », la nudité est presque toujours associé à la honte, ou à la détresse, à la vulnérabilité. Un passage demeure cependant remarquable et mérite que l’on y porte son attention :
Dans Jn. 21.7, Pierre qui est nu avec d’autres disciples dont Thomas, le disciple que Jésus aimait, s’habille avant de se jeter à l’eau pour rejoindre Jésus sur le rivage. Voici l’intégralité des versets 1 à 7 du chapitre 21 de l’évangile de Jean :
1 Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra.
2 Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.
3 Simon Pierre leur dit : Je vais pêcher. Ils lui dirent : Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. {~}
4 Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage ; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus.
5 Jésus leur dit : Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent : Non.
6 Il leur dit : Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.
7 Alors le disciple que Jésus aimait (Thomas) dit à Pierre : C'est le Seigneur ! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.

On veut nous faire croire que le mot nu est employé pour Simon Pierre qui a mis son vêtement de dessus (sa tunique) de côté pour être plus à l'aise à la pêche. Il n’était pourtant pas coutumier que les pêcheurs se mettent nus pour pêcher !

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 14:59

La nudité dans les apocryphes

Le Livre d’Hénoch (IIe siècle avant J.-C.)

Texte écarté par l’Église en 364 au concile de Laodicée et retrouvé en 1773, présente lui aussi une version de l’arbre du paradis terrestre au chapitre 3.1 :
« Il avait là aussi l’arbre de la science dont les fruits illuminent l’intelligence de celui qui s’en nourrit » (ch.31,3) ;
« Il était semblable au tamarin, et ses fruits d’une beauté remarquable, (semblable) à des grappes de raisins ; son parfum embaumait les lieux d’alentour. Et je m’écriai : quel bel arbre ! Quel spectacle délicieux ! Alors l’ange Raphaël qui était avec moi me répondit : ceci est l’arbre de la science, dont ont mangé ton vieux père et ta vieille mère ; ses fruits les ont illuminés, leurs yeux ont été ouverts, et après s’être aperçus qu’ils étaient nus, ils se sont couverts et ils ont été chassés du Paradis terrestre » (ch.31,4).

Dans l’évangile de Thomas

Dans l’évangile de Thomas nous trouvons un logion ou la nudité apparaît comme un état ou une condition pour voir le fils du vivant :
« Ses disciples demandaient : Quel sera le jour de ton apparition ? Quel sera le jour de notre vision ? Jésus répondit : le jour où vous serez nu comme des enfants nouveau-nés qui marchent sur leur vêtement, alors vous verrez le Fils du Vivant. Pour vous, il n’y aura plus de crainte. »
Noter aussi l’importance de la fin de ce passage « il n’y aura plus de crainte »

Dans l’évangile des douze ou de la vie parfaite

« Considérez de nouveau le corps de l’homme, qui est un temple de l’Esprit. Car le corps est un tout, uni à sa tête, avec laquelle il ne fait qu’un seul corps. Et il a de nombreux organes et pourtant tous ne font qu’un seul corps et l’esprit unique les dirige et les anime tous : il en est de même dans le Royaume.
Et la tête ne dit pas au ventre : je n’ai pas besoin de toi ; ni la main droite à la gauche : je n’ai pas besoin de toi ; ni le pied gauche au droit : je n’ai pas besoin de toi ; ni les yeux aux oreilles : nous n’avons pas besoins de vous ; ni la bouche au nez : je n’ai pas besoin de toi. Car Dieu a mis dans un seul corps tous les organes selon leur nécessité.
Si la tête était le tout, où serait la poitrine ? Si le ventre était le tout, où seraient les pieds ? Oui, ces organes que certains affirment être moins nobles, c’est en eux que Dieu a mis le plus d’honneur.
Et les parties que certains disent inconvenantes, c’est en elles que l’on a mis le plus d’attirance, afin qu’elles puissent s’occuper les une des autres ; ainsi, si un seul organe souffre, tous les autres souffrent avec lui ; et si un seul membre est honoré, tous les autres organes se réjouissent.
Or vous êtes mon corps ; et chacun de vous est un membre particulier ; et à chacun de vous je donne la juste place, et une seule Tête pour tous, et un seul cœur qui est le centre de tous, pour qu’il n’y ait ni lacune ni division ; pour qu’ainsi vous puissiez, avec votre corps, votre âme et votre esprit, rendre gloire au Tout-Parent grâce à l’Esprit divin qui agit en tous et par tous. »

Et dans le Coran ?

Il y serait écrit :

« (…) ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du paradis. Adam désobéit ainsi à son Seigneur et il s’égara. » (XX.121 et VII.22). GL
Aussi, quand je vois une femme voilé dans la rue, je ne peux m'empêcher d’avoir envie de lui demander : "Ce voile signifie que vous êtes soumise et que vous avez peur d’une bande de pervers hypocrites ?"

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 15:01

La "re-circulation"

Selon le symbole développé par saint Irénée, le mal contracté par les origines est vaincu par un circuit inverse (re-circulation): le Christ reprend Adam; la croix, l'arbre de la chute, Marie reprend Ève. Chacun des éléments gâtés au moment de la chute est renouvelé à la racine.

D'une manière analogue au rapport Adam-Christ et dans le même contexte, saint Irénée développe l'antithèse Ève-Marie déjà ébauchée par Justin :
« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu'elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu'elle était encore vierge. Car, de même qu'Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge - car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n'avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d'abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) - de même donc qu'Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C'est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu'elle soit encore vierge, le nom d'épouse de celui qui l'a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s'opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l'on refait en sens inverse les boucles du nœud. »[3]
Dans le plan salvateur, que certains hommes ont projetés sur Dieu en prétendant que c’est sa volonté, peuvent être soulignées quelques lignes théologiques d'une valeur considérable sur le plan mariologique :
Irénée, en effet, dans deux textes où il énonce les grandes lignes du projet prétendument divin, présente et introduit la fonction de Marie avec deux expressions fortes:
« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante »[4].
« Car il fallait qu'Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l'immortalité, et il fallait qu'Ève le fut aussi en Marie, afin qu'une Vierge, en se faisant l'avocate d'une vierge, détruisit la désobéissance d'une vierge par l'obéissance d'une Vierge. »[5]

Après s’être trouvé un bouc-émissaire dans Eve la désobéissante tentatrice, responsable du péché de l’homme, les hommes font d’une autre femme leur avocate, leur consolatrice.

Marie, en accueillant le Salut, devient « auteur de salut ».
Marie docile au message de l'ange (Lc 1,38) est définie "cause de salut" pour ceux à qui Ève avait causé la mort par la désobéissance. Marie est présentée dans l'acte de défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort.
Marie, à l'Annonciation du Seigneur, est « l'avocate » d'Ève dans le sens de « celle qui défend le genre humain ».
Le dialogue salvifique entre la vierge Marie et Gabriel est vu par Irénée non seulement en opposition nette avec l'entretien mortel entre Ève et le serpent, mais il est perçu comme un geste solidaire de Marie avec le genre humain et comme une action de défense :

« Et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d'obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devint l'avocate; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été contrebalancée par l'obéissance d'une Vierge. »[6]

En prétendant (ou en imaginant) que c’est la volonté de Dieu, des hommes ont voulu assujettir d’autres hommes à cette volonté, à se plan divin. Et c’est bien là des erreurs : vouloir dominer, assujettir, croire et commander ou obéir au lieu d’aimer, de s’entraider, de comprendre et de répartir équitablement les tâches nécessaires en laissant ensuite chacun libre de vivre comme il veut dans le respect des autres.

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 15:02

Conclusion

De la nudité de l’Eden non entaché de honte telle que l’on la découvre dans la genèse à la nudité honteuse qui dénote la détresse et la déchéance il y a un gouffre étonnant.
La nudité est même souvent présenté conne une grave offense.
Notez la remarque divine:
"Qui t'a appris que tu es nu ?" verset 11 .
En effet, qui leur avait inspiré ce sentiment de honte à l'égard du sexe ?
Peut-être Satan, mais sûrement pas le Dieu créateur !

Cette pensée blâmable était une accusation contre Dieu, car c'était juger dégradante une œuvre divine.

Dans les évangiles la nudité est généralement présentée comme un signe de dénuement, de pauvreté, mais dans le nouveau testament et même dans la révélation de Jean, la nudité reste associé à la honte. Puis il y deux passages étranges : le jeune homme qui s’enfuit nu et Pierre qui nu sur une barque met une tunique pour plonger dans l’eau !

«Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur ! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.» (Jean 21, 7)
Pourquoi Pierre était-il nus parmi les autres disciples et met son vêtement pour se jeter à l’eau ? On général, on fait l’inverse, on se déshabille pour se jeter à l’eau. Je ne vois qu’une explication, ils pratiquaient la nudité en commun comme certains naturistes aujourd’hui mais quand il s’agit de rejoindre les textiles honteux, on se recouvre de vêtements.
Ge.1:25 L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte.

Il n'y avait donc rien de mal en soi d'être nu ; Dieu a créé l'homme et la femme nus et tout ce qui Dieu a fait était très bon. Il voyait Adam et Eve nus et il trouvait cela très bon :

Ge.1:31 Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon

Au jardin, avant la Chute, l'être humain n'éprouvait aucune honte à se dévoiler, à se montrer tel qu'il est, sans déguisement et sans artifice. Il ne se sentait pas vulnérable, son ouverture à l'autre était totale, il se sentait libre et il était libre, aucune pensée malsaine ne lui traversait l'esprit, il ne connaissait que le bien.

La mise à nu peut aussi symboliser la révélation de ce que l’on cache, de la nature réelle des personnes, sans masque, sans hypocrisie. C’est un retour à la pureté originelle, à une simplicité, à une authenticité sans honte. Donc, si on veut se libérer du péché et de ses conséquences, il importe de faire le chemin inverse, de se mettre à nu pour retrouver la pureté originelle et se libérer de la honte.

Je n’ai pas honte d’être nu et la nudité ne me gène pas. Par contre la laideur, le manque d’hygiène, la puanteur me mettent mal à l’aise. Et vous ?

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 24 Déc 2009 - 15:05

Et si maintenant nous regardions du côté des civilisations ?

Je pense que je posterais prochainement ici un texte extrait du mémoire de Willem Toutenhoofd, étudiant en sociologie à l'ULB.

Je vous le proposerais en espérant que nous pourrons en discuter par la suite...

Pas d'objections ?

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Mer 30 Déc 2009 - 20:05

MiVé a écrit:
Et dans le Coran ?

Il y serait écrit :

« (…) ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du paradis. Adam désobéit ainsi à son Seigneur et il s’égara. » (XX.121 et VII.22). GL
Aussi, quand je vois une femme voilé dans la rue, je ne peux m'empêcher d’avoir envie de lui demander : "Ce voile signifie que vous êtes soumise et que vous avez peur d’une bande de pervers hypocrites ?"

Tirer une tel conclusion à partir d'un extrait (hypothétique en plus puisque tu utilise le conditionnel) du Coran, ça me semble aller vite en conclusion. D'autant plus que tu mélange voile et nudité, le voile n'est qu'un vêtement parmi d'autres (et un symbole de soumission de la femme pour les plus incultes des féministes). Le visage aurait-il plus d'importance qu'une autre partie du corps ? Aurais-je mal compris le passage qui suit?
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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Jeu 31 Déc 2009 - 12:51

Je ne vais donc pas tarder à poster l'extrait du mémoire de Willem, l'étudiant en sociologie...

Quant au Coran, il n'était probablement au début, comme le pensent certains spécialistes, que le Pentateuque des Juifs samaritains et nazaréens de Syrie, puis on y a ajouté des légendes et des erreurs historiques pendant encore cinq ou six siècles, la plupart du temps issues de romans populaires antérieurs au cinquième siècle. Rien de valable et de fort intéressant donc si ce n'est la foi crédule que de trop nombreuses personnes lui ont vouée en le considérant comme écrit inspiré d'un prophète !

J'ai mis le conditionnel car je n'ai accès qu'à des traductions et je ne sais même pas l'endroit exact où se trouve ce passage...

Et quant à mon envie, je ne la présente pas comme une conclusion mais uniquement comme une question provocante que j'ai envie de poser à ces femmes recouvertes de foulards pour lui communiquer ma perception de son attitude et voir ce qu'elle serait capable de me répondre...

Tu vois une autre explication que celle que je dévoile dans ma question ?

Le voile masque la nudité, les vêtements aussi bien qu'ils peuvent aussi avoir d'autres raisons d'être. Peu m'importe ce qu'il symbolise pour une minorité de personnes, je m'interroge sur sa raison d'être pour ces femmes qui le portent. Avec une certaine discrétion quand elles sont assez agées et souvent une sorte d'arrogance quand elles sont jeunes...

Et j'ai clairement envie de les libérer de leurs idées fausses...

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MessageSujet: Re: La nudité dans la Bible, les civilisations et dans notre vie.   Ven 1 Jan 2010 - 9:44

Le texte qui suit a été extrait du mémoire de Willem Toutenhoofd, étudiant en sociologie à l'ULB. Je vous le propose en espérant que nous pourrons en discuter par la suite.

CIVILISATIONS ET NUDITES :

Historique de la nudité

1.- L'EMPREINTE DES MŒURS ET DES COUTUMES.

Beaucoup pensent que le nudisme est un phénomène récent, allant de pair avec l'érotisme ou encore l'exhibitionnisme, signes d'une civilisation décadente. Peu savent, au contraire, que cet acte de dévoilement intégral date depuis des siècles.
Je ne remonterai pas aux origines de l'homo sapiens, que nous savons tous avoir été le premier homme nu et ce pendant des millénaires, avant de se couvrir de peaux de bêtes. Je me contenterai de revenir seulement quelques dizaines de siècles en arrière, par exemple à l'Antiquité gréco-romaine, plus proche de nous, et de gravir les siècles jusqu'à notre civilisation.

L'Antiquité.

Les Grecs n'avaient certainement pas cette phobie du nu qu'a connue notre époque. Habillés généralement d'un vêtement fait d'une seule pièce, les Hellènes n'hésitaient pas à ôter celui-ci lorsqu'il gênait; et comme il ne leur serait jamais venu à l'idée de porter un autre vêtement sous leur tunique, c'est donc le plus souvent nus que les Grecs travaillaient ou s'adonnaient à un sport.

Cette gymnité sportive dans le monde hellénistique a été rendue célèbre par les Jeux Olympiques. Pourtant, les athlètes des premiers jeux (vers 776 avant J.C.) ne courraient pas nus : ils portaient sur eux ce que l'on pourrait appeler un "vêtement de pudeur"
Lorsque Platon écrivait : "Il n'y a pas bien longtemps, les Grecs trouvaient honteux et ridicule que les hommes se fassent voir tout nu", tout laisse à supposer que ce n'est que vers les années 500 avant J.C. que la nudité s'est introduite sur les stades.

C'est sous l'influence des Spartiates, qui cultivaient un réel culte du corps, que la gymnité devint pratique courante et s'étendit à toutes les disciplines.

Il n'était pas de coutume que les femmes se montrent nues ; au début d'ailleurs, il était plutôt rare de trouver des représentations du corps féminin dans l'art. Les Grecs se laissaient moins facilement troubler par la sexualité des formes féminines. Seule l'éducation des filles de Sparte fut alignée sur celle des garçons. Afin de les endurcir et leur ôter toute délicatesse ou tendresse efféminée, les Spartiates imposaient à leurs femmes de s'exhiber nues dans les fêtes et cérémonies. Cet exemple ne s'est jamais répandu ailleurs, mais néanmoins il fit école clans le domaine de la nudité.

Les Romains, quant à eux, étaient également habitués à la nudité lorsque celle-ci était plus pratique que le port de la toge. Les hommes se baignaient nus dans le Tibre, mais quoique cette pratique fut courante et admise, il appartenait aux femmes de ne pas les regarder.

Tout l'art gréco-romain, aussi bien en peinture, en sculpture qu'en poésie, magnifiait le corps et l'amour. Les artistes grecs, qui n'étaient tout de même pas complètement insensibles à l'expression du corps de la femme, avaient mis au point la technique du "linge mouillé". Cette technique consistait à sculpter le modèle habillé d'un drap qui colle au corps, comme si celui-ci était mouillé, faisant donc apparaître toutes les formes du corps, tout en respectant l'usage de ne pas représenter la nudité féminine.
"La nudité, disait Platon, est un signe de civilisation". Probablement voulait-il se moquer des Barbares pour qui être nu était synonyme de honte. "Nous aussi, nous étions ainsi autrefois; la gymnastique nous en a délivré", conclua-t-il avec Hérodote. Cette honte du corps, cette pudeur n'existait pas pour Aristote. Pour lui, la pudeur est dans l'esprit. Mais comme disait Socrate "Le sage n'a rien à cacher".

Paradoxalement, Platon, dans ses théories dualistes (matière/esprit), dénigre tout ce qui pourrait s'opposer à l'esprit, donc le corps. Avec le corps naît un principe négatif, celui du mal, celui des passions physiques.

Le Moyen Age.

A la chute de l'empire romain, le christianisme était déjà bien implanté, mais il n'avait pas su se débarrasser de l'idéologie païenne. Il en .résulte que cette nouvelle religion monothéiste dû s'accommoder, en quelque sorte, avec les philosophies platoniciennes qui avaient fini par triompher dans l'Antiquité. Mais, la grande difficulté était de concilier le credo (c'est-à-dire, Dieu créateur de la terre et du ciel) avec le concept dualiste du bien et du mal.

Si Dieu créa la matière, par exemple la Terre, il va de soi qu'elle est bonne. De ce fait les chrétiens, dans la création de la Terre, ne solutionnaient plus le problème du mal ; i1 fallait dès lors un autre mal, et celui-ci fut trouvé dans le péché originel. L'homme et la femme, par le péché, ont faussé la matière. C'est ce que firent Adam et Eve qui, une fois leur acte de désobéissance accompli, découvrirent qu'ils étaient nus. Leurs premières réactions furent de s'habiller de feuilles de vignes cousues et de se cacher.

Alors commença le Moyen Age avec pour héritage, entre autres, les œuvres de Saint-Augustin qui précisément mit l'accent sur le péché originel, alors que le Christ lui-même n'en souffla pas un mot (cfr. les Evangiles).

Saint-Augustin a sensiblement marqué cette sombre et tumultueuse époque médiévale où naquit cette tradition chrétienne prétendant tenir le corps pour un objet de honte et de réprobation.

Il y a quelques années, le journal "Le Monde" nous rapportait que "le Pape Paul VI tenait la nudité pour impie, parce qu'il voyait dans le corps humain le véhicule du péché et parce que le parti pris dualiste le conduisait à se méfier en toutes circonstances de la matière, autrement dit de la nature".

Le Moyen Age fut prospère en sectes nudistes. Par exemple celle des Frères Apôtres en Italie au XIIIe siècle qui connut pendant de longues années des démêlés avec les autorités. Lors des cérémonies d'initiation, les novices étaient mis nus face à des femmes nues pour voir s'ils pouvaient se contrôler ; de plus, ils devaient passer une nuit au lit avec une femme pour donner la preuve qu'ils étaient capables de rester chastes.
Mais comme partout en Europe, c'est sur le bûcher de l'Inquisition que périrent les adeptes des sectes.

D'autres sectes, avec chacune leurs rites de nudité , et d'autres doctrines, parmi lesquelles celle de Gerson, apparurent dans nos régions. Gerson, théologien français du début du XVe siècle, fut Grand Chancelier de l'Université de Paris. Dans son ouvrage "De Examinatione Doctrinae" (1423), il rapporte que "l'homme, lorsqu'il est arrivé à la paix et à la tranquillité de l'esprit, est dispensé de l'observation des lois divines ; i1 ne faut pas rougir de rien de ce qui nous est donné par la nature. C'est par la nudité que nous remontons à l'état d'innocence des premiers hommes et que nous atteignons dès ici-bas le suprême degré de la félicité"
Sans doute, Gerson touchait de fort près les conceptions du naturisme moderne, mais à son époque, ces théories étaient une offense à Dieu et il dû fuir devant les persécutions.

La Renaissance.

Cette période de notre histoire n'est pas quitte pour autant des sectes nudistes que nous retrouvons sous le nom de "Libertins Spirituels" et dont les rites nus étaient tout un programme. La chasse aux nudistes reprit de plus belle. Par exemple, le chef spirituel Jean-David Joris, dont beaucoup de disciples furent mis à mort, sera parmi les rares "heureux" a avoir échappé de son vivant au bûcher. En effet, ce n'est que deux ans après sa mort que son corps sera exhumé et brûlé. Voulant en finir avec les nudistes, le synode de Strasbourg (pendant la première moitié du XVIe siècle) fait annoncer que quiconque veut modifier la doctrine officielle n'a qu'à venir exposer ses thèses. Pas très catholique, mais très efficace était la manœuvre qui reprenait ces thèses, une fois enregistrées, comme base d'accusation des futurs procès. Mais ce machiavélisme ne devait pas suffire pour faire disparaître les nudistes.

De 1535 à 1556, une secte d'Adamites s'organisa à Amsterdam. Leur culte était voué au retour de l'homme à l'état d'innocence dans le rétablissement symbolique du Paradis Terrestre. D'autres sectes nudistes naquirent, plus tard, dans les milieux protestants.
La nudité en commun n'était toutefois pas pratiquée que par les sectes. Dans maintes circonstances, elle faisait partie des us et coutumes de la société médiévale et renaissante. Par exemple, il était d'usage que toute la famille, membres du personnel et invités de passage se déshabillaient et dormaient ensemble dans une même pièce.
Tout aussi curieux, nous semblerait-il aujourd'hui, était la coutume qui voulait que les gens de la ville se dévêtissent chez eux pour se rendre nus, par les ruelles, aux bains publics.
Cette nudité dans la vie de tous les jours vint progressivement à disparaître à partir du XVIe siècle et plus rapidement aux siècles suivants. Elle fut abandonnée d'abord par les classes supérieures de la population; le peuple ne tarda pas à faire de même.

Les XVIIIe et XIXe siècles.

Ces siècles se sont principalement fait remarquer par des excès de pudibonderie. Il n'était plus question de se baigner nu, de se déshabiller en public ou même devant son conjoint. En un mot, il n'était plus question de nudité. Tout était codifié l'usage de la chambre à coucher, du lit, de la salle de bain... De même la manière de se vêtir ou de se laver se procédait selon une certaine technique. Cette civilisation bourgeoise, épouvantée par sa propre image, s'est imposée toutes sortes de précautions pour ne pas voir son propre corps; ainsi, dans les pensionnats, les jeunes filles se douchaient en chemise de nuit.

Pour l'Eglise, le corps devient le symbole de la honte, la chair celle du péché, et elle proclamait qu'il valait mieux pour une femme perdre la vie plutôt que sa vertu. Pour le Code Pénal, la vue du sexe nu était une atteinte aux bonnes mœurs et un attentat à la pudeur, donc un délit. Et pour les psychiatres, la nudité était une preuve de folie entraînant un internement dans un asile. L'oppression sexuelle établie par la bourgeoisie triomphante, qui venait de poser les premières pierres de la nouvelle société industrielle, allait en quelques années complètement déséquilibrer l'individu sur le plan de la sexualité.

Le XXe siècle.

C'est dans un semblable état d'esprit que furent abordées les années dix-neuf cents qui seraient bientôt bouleversées par d'importants événements. Ces deux guerres mondiales ont inévitablement entraîné un changement de mentalité : un relâchement dans l'éducation, une plus grande mobilité de la société, l'abandon précoce de la communauté familiale par les jeunes, la popularisation des médias, des loisirs, des sports...
Par ailleurs, les penseurs et les ethnologues réhabilitent les peuples nus ; les vêtements se réduisent et le maillot de bain évolue vers le "string" ou cache-sexe.
Le sport, la peinture, le cinéma habituent l'homme du XXe siècle à la vue de la nudité. Le nu intégral fait également sa réapparition et les médias la vulgarisent.

Un peu partout en Europe et dans le monde, se constituent des groupements et associations diverses qui affichent la nudité dans leur programme; par exemple le mouvement hippie, le mouvement naturiste...
C'est sans doute ce qui a fait dire à Marc-Alain Descamps que "La vogue du nu parait être le grand phénomène psycho--sociologique qui bouleverse tout le XXe siècle".

2.- L'empreinte de la religion

Nous venons de le voir, l'Eglise s'est proclamée adversaire du corps et de la nudité. Il en était de même pour toutes les religions chrétiennes, ainsi que le Judaïsme.
Déjà l'Ancien Testament précisait : "Pour les fils d'Aaron, tu feras des tuniques et des ceintures... Tu leur feras, pour dissimuler leur nudité, des caleçons de lin, allant des reins jusqu'aux cuisses".
Pour se présenter devant Dieu, il importait de porter des habits consacrés qui purifient. L'obsession du sexe rend impur ce dernier et il interdit la communication avec le divin. Il est donc impensable de se montrer nu devant Dieu. Ceci serait considéré comme une insulte et serait puni de mort. Avoir le sexe bien couvert ne suffit pas pour se faire interprète de Dieu, encore faut-il être célibataire et d'une continence exemplaire. Ainsi, ce sexe inexistant des prêtres font de ceux-ci des anges.

La pratique séculaire de la nudité, considérée comme une constante des origines de l'humanité à la chute de l'empire romain, prend donc petit à petit fin sous la civilisation chrétienne. La nudité tend également à disparaître de la peinture et de la sculpture. Seul le Christ pouvait se permettre une quasi-nudité, celle de la douleur.
Or, nous l'avons vu, le nu n'était pas prohibé dans la vie publique du Moyen Age. On le tolérait dans les bains, au bord des rivières et il était d'usage de dormir sans vêtements. "Mais, dit Jacques Laurent, la limitation du nu dans les arts, la force d'une religion pour laquelle il était coupable se conjuguent pour le pousser dans une clandestinité qui multiplie ses pouvoirs érotiques" ; par exemple le libertinage.

Après avoir montrée beaucoup d'intolérance par le passé, c'est aux nouvelles colonies que l'Eglise s'est attaquée, sous prétexte d'évangélisation et de civilisation. La nudité dans laquelle vivaient paisibles et heureux les africains, était bien-entendu incompatible avec la vision de l'homme blanc. Les missionnaires protestants et catholiques, en véritables artisans du rhabillage des peuples nus, eurent vite fait goûter aux "sauvages" les bienfaits de notre civilisation industrielle, et ce par des températures atteignant les 40°C.
Mais après tout, ils ne faisaient que suivre les précieuses recommandations des églises chrétiennes : "Vêtir ceux qui sont nus".

Vêtir l'Afrique, voilà un fabuleux projet qui n'était d'ailleurs pas réalisé qu'au seul nom de la foi. Ainsi en 1877, l'explorateur Stanley proclamait devant la Chambre de Commerce de Manchester : "Le devoir le plus impérieux des chrétiens est de couvrir et convertir les indigènes à une véritable décence. Si seulement nous parvenions à les couvrir le jour du Seigneur, cette innovation dans les moeurs africaines représenterait un nouveau marché de 320 millions de mètres de cotonnades anglaises".

Une curieuse conséquence fut que, après les hommes blancs, les dirigeants noirs firent eux-mêmes la chasse au nu. Par une sorte de culpabilisation inconsciente, ils voyaient dans le nu le signe de leur ancienne sauvagerie et dans le vêtement la preuve qu'ils appartenaient également au monde des civilisés, celui des opprimeurs et non des opprimés. L'Africain, qui jusqu'alors ignorait qu'il était nu (puisqu'il est nu que par rapport aux colonisateurs) est subitement confronté à des problèmes de pudeur.

Marc-Alain Descamps cite en exemple le cas de la femme noire, à qui un missionnaire a mis un cache-sexe, qui va se faufiler dans un buisson. C'est qu'elle sent sa peau comme son vêtement et les poils du pubis comme son pagne. Le port d'un pagne artificiel est pour elle un attribut qui va justement attirer l'attention d'autrui sur ses parties sexuelles.

3.- L'empreinte des philosophes

Vingt-cinq siècles de nudité, tantôt coutumière ou tolérée, tantôt sévèrement pourchassée, ont finalement abouti à la forme moderne du naturisme que nous connaissons. Mais l'histoire n'est pas uniquement faite de grands courants éthiques ou religieux. Elle est également l'œuvre d'individus qui, de près ou de loin, ont influencé la pratique de la nudité.

Je vous ai déjà parlé de Platon, pour qui être nu est un état de civilisation.
Parmi les autres, signalons Saint-François d'Assise ("il Poverello") qui, au nom de la pauvreté, s'offrait nu devant le Christ. Ce geste lui valut les moqueries de son entourage (il était le fils d'un riche marchand de tissus).
Plus proche de nous, il y avait Gandhi qui parlait de la noblesse du corps nu; pour lui, la peau a besoin de respirer et d'être baignée de soleil. "Les gens, disait-il, devraient s'apercevoir que le corps humain n'est vraiment beau que dans sa nudité".
Ils sont certainement nombreux, inconnus et célébrités a avoir pratiqué la nudité par plaisir ou par conviction. Citons encore John F. Kennedy, vraisemblablement le premier locataire naturiste de la Maison Blanche.
Mais il y a un personnage qui paradoxalement n'a peut-être jamais pratiqué la gymnité et dont le nom est étroitement lié au naturisme : Jean-Jacques Rousseau. Dès 1761, dans son ouvrage "Julie ou la Nouvelle Héloïse" et en 1762, dans "Emile", Rousseau démontre les charmes et les bienfaits de la vie rustique propices à l'épanouissement des qualités naturelles
Celui que l'on a appelé l'inventeur de la nature avait aussi des préjugés favorables pour le nu ; bravait ainsi les tabous sociaux de son époque, Rousseau fait de la nudité une école de robustesse et de chasteté.
Néanmoins, il semble être un personnage exceptionnel à son époque et ce n'est que vers la fin de 1832 qu'un autre écrivain français, Alfred de Musset, évoque le corps nu et l'artificialité du vêtement, tout en réservant la nudité aux amants`'.
Les artistes, également, offrirent leur talent à la découverte de la nudité. Citons, parmi tous, Ingres, peintre français du XIXe siècle, dont les travaux les plus connus sont de véritables chefs-d'œuvre ( la "Baigneuse", 1808; la "Grande Odalisque", 1814; la "Source", 1856; le "Bain Turc", 1863 ).
Si en peinture, il s'est toujours trouvé, malgré les interdits sociaux, des amateurs de la nudité, il n'en demeure pas moins que la littérature est le parent pauvre dans ce domaine. Bien souvent, les quelques écrits dont nous disposons sont l'oeuvre de naturistes militants.

Willem TOUTENHOOFD (1984).

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